My Items
I'm a title. Click here to edit me.
Enregistrement des données de toxicologie sur l’animal dans l’industrie (RITA) : guides pour l’échantillonnage et la recoupe de spécimens chez le rat et la souris
De très nombreuses recherches ont fourni des protocoles et des avancées méthodologiques qui abordent directement les meilleures pratiques pour préserver l’intégrité des tissus lors de l’échantillonnage d’organes chez le rat et la souris dans le cadre des études de toxicologie réglementaire. Toutes ces informations ont été collectées dans une documentation connue sous le nom de Registry of Industrial Toxicology of Animal-data ou RITA. Ces résultats mettent l’accent sur l’optimisation du traitement des tissus, de l’imagerie et des techniques analytiques pour maintenir la fidélité structurelle et moléculaire de divers types de tissus. Les guides pour l’échantillonnage et la recoupe d’organes chez le rat et la souris fournissent des instructions complètes pour normaliser et améliorer la qualité de la préparation des tissus dans les études de toxicité réglementaires [1].
Cet effort constitue un aspect important de la standardisation, qui permet alors la comparabilité des évaluations histopathologiques à travers différentes études au sein d’un même laboratoire ou entre laboratoires. Des instructions détaillées sont aussi fournies, comme la localisation optimale pour la préparation des tissus, la taille de l’échantillon, l’orientation de la section et le nombre de sections à préparer. Des directives spécifiques couvrent divers systèmes d’organes dans une série de trois articles initiaux [2, 3, 4]. Les guides fournissent également des conseils techniques pour les techniques préparatoires lors de l’autopsie, de la fixation et de la recoupe, facilitant les techniques de routine et favorisant la reproductibilité intra et inter-études [5].
Ces guides seront présentés et nous débattrons des avantages liés à la mise en place de ces recommandations au sein du laboratoire ainsi que des avancées constantes dans ce domaine.
Enjeux des données électroniques d’histopathologie à l’heure del’intelligence artificielle : importance de la coopération entre métiers
Les outils informatisés et l'Intelligence Artificielle sont omniprésents dans nos métiers. Ils sont très attractifs. Cependant à l’utilisation, ils présentent des difficultés au départ insoupçonnées. Notamment, vient la question de la fiabilité des données générées et par là-même de leur conformité réglementaire. Il est nécessaire que les utilisateurs, l’assurance qualité et les services informatiques travaillent en collaboration pour pallier les écueils rencontrés.
Validation d’anticorps recombinants en histologie : une alternative éthique sans compromis sur la qualité scientifique
L’utilisation d’anticorps produits chez des animaux reste très courante en recherche - notamment en histotechnologie - en dépit d’enjeux éthiques majeurs (grand nombre d’animaux, procédures potentiellement douloureuses) et des limites scientifiques bien documentées (comme par exemple la variabilité entre lots, le manque de reproductibilité). Des alternatives recombinantes, produites in vitro à partir de séquences connues, offrent pourtant aujourd’hui des solutions plus fiables, plus éthiques, et à terme, plus économiques. C’est pourquoi des comités européen (EURL ECVAM laboratoire de référence européen pour les alternatives aux tests animaux) et français (CNREEA, comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale) préconisent, depuis 2020, la transition vers ces anticorps recombinants chaque fois que cela est possible.
Dans ce contexte, le Centre Français pour les 3R (FC3R) a pour mission de promouvoir la mise en œuvre du principe des 3R (Remplacer, Réduire, Raffiner l’expérimentation animale) en soutenant une recherche responsable et innovante, l’éducation et une communication transparente. Afin d’accompagner les acteurs de la recherche dans une transition visant à remplacer l'utilisation d’anticorps d'origine animale par des anticorps recombinants produits in vitro, le FC3R a engagé une étude en collaboration avec l'Association Française d'Histotechnologie (AFH) mobilisant des plateformes d'histologie françaises.
La première phase de ce travail, conduite en partenariat avec l’AFH, a consisté à élaborer et diffuser un questionnaire à destination des plateformes d’histologie françaises, afin d’identifier les anticorps les plus couramment utilisés ainsi que leurs conditions d’utilisation. Douze plateformes ont répondu à cette enquête, listant 36 anticorps « à remplacer ». Parmi eux, 61 % étaient polyclonaux, particulièrement problématiques en termes de reproductibilité et d'impact éthique, et 25 % monoclonaux, certains produits par liquide d’ascite, une méthode reconnue comme sévère pour les animaux. De manière notable, 5 anticorps listés étaient déjà recombinants, révélant un manque de visibilité de cette qualité et soulignant la nécessité d'une meilleure transparence dans la communication et l'étiquetage des anticorps recombinants, y compris par les fournisseurs.
Depuis fin 2024, une étude pilote est menée au sein de plateformes issues de l’enquête afin de comparer les performances des anticorps usuels polyclonaux et monoclonaux avec leurs équivalents recombinants. Financée par le FC3R, elle couvre l’acquisition des anticorps recombinants ainsi que les prestations techniques des plateformes. Les premiers résultats sont très encourageants : des alternatives recombinantes efficaces ont été identifiées pour la détection de CD3, CD31, GFAP, GFP, CHGA, Occludine, KRT14 et Ki67. Dans le présent article à travers l’exemple d’études comparatives des anticorps Abcam et CST anti-GFP, nous illustrons la démarche et les résultats. L’ensemble des résultats sera largement diffusé, notamment sur le site web du FC3R et le réseau de l’AFH, afin de sensibiliser la communauté et d’accompagner la transition vers des pratiques plus robustes et plus responsables sur le plan éthique.
Dissection moléculaire de la niche des cellules souches hématopoïétiques chez l’embryon
Les cellules souches et progéniteurs hématopoïétiques (CSPH) sont responsables du renouvellement continu des différentes lignées de cellules sanguines et leur dérèglement est à l’origine de cancers du système sanguin. Chez l’embryon de vertébré, les CSPH émergent dans la région AGM (Aorte Gonades Mésonéphros), plus précisément au niveau de l’aorte dorsale. Afin de mieux caractériser la signature moléculaire du microenvironnement aortique in vivo, nous avons combiné des approches de microdissection laser, de transcriptomique et de biologie computationnelle. La microdissection laser nous a permis d’isoler sur coupes d’embryons de souris à plusieurs stades du développement des cellules situées sous l’aorte dorsale et entre la notochorde et le plafond de l’aorte. Elle a nécessité des ajustements à l’étape de microdissection proprement dite mais aussi en amont et en aval afin de collecter des échantillons biologiques de qualité pour des analyses moléculaires. La combinaison d’approches transcriptomiques à l’échelle populationnelle (puces à ADN pour les tissus microdisséqués) et à l’échelle cellule unique (pour l’AGM entière) a révélé l’hétérogénéité du mésenchyme aortique et l’existence d’une population de cellules mésenchymateuses sous aortiques exprimant à la fois des gènes mésenchymateux et neuraux. Des expériences fonctionnelles ont indiqué que la molécule Décorine, un composant de la matrice extracellulaire, est nécessaire au développement des CSPH. Ces résultats apportent un éclairage original sur la niche des CSPH chez l’embryon.
Combinaison de deux systèmes de démasquage à la chaleur pour une détection par immunofluorescence multiplex de structures rénales par des anticorps primaires de même espèce
Dans le cadre de la caractérisation de structures corticales du rein que sont les glomérules et les tubes contournés proximaux (TCP), nous avons utilisé des anticorps (Ac) dirigés contre la podocine, la protéine 1 de la tumeur de Wilms (WT1) et la mégaline. La podocine joue un rôle dans la régulation de la perméabilité glomérulaire et est un marqueur des podocytes. WT1 par sa fonction de liaison à des séquences d’acide désoxyribonucléique (ADN) spécifiques est un facteur de transcription important dans le développement du système uro-génital et est de ce fait un marqueur des précurseurs podocytaires. La mégaline médie l’absorption tubulaire et la clairance de la leptine et est un marqueur des TCP.
Les trois anticorps spécifiques et conditions utilisés pour la détection de ces trois protéines d’intérêt sont :
1) pour WT1, un Ac monoclonal de lapin (ab267377, Abcam dilué à 1/500) dont l’épitope correspondant est démasqué par une incubation dans un tampon TrisEDTA pH 8 à 95 °C pendant 40 minutes,
2) pour la podocine, un Ac polyclonal de lapin (ab50339, Abcam dilué à 1/6000) démasqué par une incubation dans un tampon 10 mM de citrate de sodium pH 6 à 91 °C pendant 24 minutes,
3) et enfin pour la mégaline, un Ac monoclonal de lapin (ab76969, Abcam dilué à 1/1000) reconnaissant un épitope démasqué par une incubation dans un tampon 10 mM de citrate de sodium pH 6 à 91 °C pendant 24 minutes.
Malgré les avancées récentes dans la combinaison d’Ac primaires de même espèce et le fait d’utiliser des étapes de décapage à la chaleur entre chaque cycle de marquage, nous nous sommes posés la question de la combinaison de ces différents démasquages dans le cas de multiplexing. Cet article démontre la faisabilité de la combinaison de différents protocoles de démasquages antigéniques à la chaleur
dans le cadre de l’utilisation d’anticorps primaires de même espèce.
Analyse morphologique comparative des effets des traitements sur des échantillons in vitro 3D de thyroide et foie de rat
L'enrobage en paraffine constitue une technique essentielle pour l'analyse histologique approfondie des sphéroïdes de thyroïde et de foie de rat, permettant de préserver l'intégrité des échantillons tout en facilitant leur étude morphologique.
Actuellement, plusieurs méthodes d'enrobage en paraffine sont spécifiquement appliquées à ces échantillons, chacune étant dotée de protocoles adaptés aux particularités uniques des sphéroïdes de thyroïde dans le collagène et aux sphéroïdes de foie.
Ces techniques comprennent des étapes clés, telles que la fixation, la déshydratation et l'inclusion, qui sont indispensables pour garantir la qualité des coupes histologiques. Nous examinerons les défis associés à l'enrobage de ces sphéroïdes, notamment la préservation de leur architecture tridimensionnelle, ainsi que les implications de ces défis sur l'interprétation des résultats morphologiques.
Les organoïdes, un modèle polyvalent à utiliser à bon escient
Les organoïdes, dont le développement ne cesse de progresser, apparaissent comme des modèles biologiques puissants, comblant l’écart entre les systèmes in vitro simplifiés et les modèles animaux. Dérivés de cellules souches pluripotentes ou adultes, les organoïdes sont des structures tridimensionnelles auto-organisées qui récapitulent partiellement l’architecture, la diversité cellulaire et certaines fonctions des organes modélisés. Ils offrent un accès inédit à des processus développementaux et pathologiques difficilement étudiables directement chez l’homme, notamment l’organogenèse et les maladies neurologiques, et ouvrent des perspectives prometteuses en thérapies. Malgré ces avancées, les organoïdes demeurent des systèmes simplifiés, limités par une maturation incomplète, une absence de vascularisation, d’innervation et d’interaction avec d’autres organes, ainsi qu’une variabilité importante. Leur utilisation efficace repose donc sur une conception expérimentale rigoureuse, la standardisation des pratiques et une réflexion éthique continue, positionnant les organoïdes comme des modèles complémentaires - et non substitutifs - au sein du paysage plus large de la recherche biomédicale.
L’histologie ou la vie en rose et bleu
Cet éditorial invite le lecteur à un voyage original où se croisent histoire textile et science des tissus biologiques. À travers la symbolique du bleu de l’indigo et du rose et bleu de l’hématoxyline éosine, le rôle central de la couleur dans la lecture et l’interprétation des tissus, qu’ils soient textiles ou biologiques est mis en lumière. L’occasion de dresser un panorama des principaux colorants histologiques aux teintes bleues, avec un focus sur l’hématoxyline, depuis ses origines naturelles jusqu’à son usage actuel comme standard en histopathologie. Enfin à travers les événements récents de l’AFH, les avancées éditoriales de la revue et les perspectives offertes par les contributions de nos auteurs, cet éditorial souligne la constante évolution de notre discipline, l’histologie, au croisement de la tradition et de l’innovation.
Etude de l’action d’un acide aminé protégé sur la morphologie des parties distales de l’appareil digestif de porcelets
" Le sevrage précoce des porcelets peut générer des problèmes de santé, principalement d’ordre digestif, du mal-être animal, un ralentissement de la croissance et parfois de la mortalité si les problèmes de santé ne sont pas traités à temps. Au sein de l’UMR INRAE PEGASE, nous travaillons sur des solutions nutritionnelles permettant de préserver la physiologie digestive et la santé des porcelets au moment du sevrage. Ces solutions accompagnent la filière dans ses efforts de démédicalisation du sevrage et de forte réduction de l’utilisation des antibiotiques dont l’usage et la prescription sont très réglementés. Parmi les solutions nutritionnelles, celles ciblant le microbiote intestinal sont particulièrement pertinentes. Dans cette étude, nous avons travaillé avec un acide aminé encapsulé pour cibler son utilisation par le microbiote des parties distales de l’intestin. La lysine encapsulée a été choisie sur la base de pré-essais qui ont montré des effets favorables sur le microbiote intestinal.
Pour cette expérimentation, 48 porcelets ont été nourris au moment du sevrage (à l’âge de 4 semaines) soit avec un aliment habituel (témoin, n=24), soit avec ce même aliment contenant de la lysine encapsulée dans une paroi lipidique (AA, n=24). Dix jours après le sevrage, un sous-groupe de 12 porcelets (6 témoins, 6 AA) a été euthanasié pour prélever le contenu du tube digestif (TD) (des segments de l’iléon et du colon) ainsi que du tissu d’iléon et de colon pour des études de morphologie en histologie. Les autres porcelets ont eu un suivi avec des prélèvements de sang jusqu'à 28 jours après le sevrage.
Les prélèvements d’iléon et de colon ont été fixés dans du formol à 4 %, puis ont subi toutes les étapes d’inclusion en paraffine. Des coupes de 5 µm ont été faites au microtome et colorées en hématoxyline éosine pour mesurer les villosités et les cryptes. Des images en mosaïque de l’iléon et du colon ont été faites à l’aide d’un microscope Zeiss Axio Imager M2 (ApoTome). Une identification des différentes structures de l’iléon et du colon a été effectuée et les zones d’intérêt ont été repérées.
Des mesures d’aire, de hauteurs de villosités et de profondeurs de cryptes ont été effectuées avec Image J. La supplémentation en lysine encapsulée du régime a augmenté la profondeur des cryptes de 14 % (P=0,09) sans que les autres paramètres ne soient modifiés. Notre hypothèse était que la lysine entraînerait une prolifération bactérienne et une augmentation de la production de métabolites favorisant la prolifération cellulaire à l’intérieur des cryptes. Ceci n’a pas été conforté par les analyses effectuées sur le microbiote et d’autres pistes sont donc à envisager."²
Laboratoire durable : plastique responsable, saurons-nous relever le defi ?
(Synthèse table ronde, congrès AFH, Saint-Malo 2024)
Le plastique a envahi nos vies personnelles et professionnelles depuis les années 1950. Les laboratoires ne sont pas épargnés et sont même de très gros consommateurs de ce matériau devenu problématique. Depuis son apparition dans nos vies, le plastique s’accumule partout dans l’environnement, sous forme de déchets visibles mais aussi moins visibles, sous forme de micro- et nano plastiques. Ces déchets persistants provoquent des dommages sur les êtres vivants et tous les écosystèmes. Dans les laboratoires de recherche, comme ailleurs, il est urgent de réagir et de mettre en application des solutions qui combinent la baisse immédiate de la consommation de plastique avec une meilleure gestion des déchets. Il n’y a plus le choix, il faut apprendre à s’en passer le plus possible et à mieux le gérer, même dans nos pratiques professionnelles, mais comment ?
Cette question a fait l’objet d’une table ronde au cours du 37e congrès de l’AFH, accueilli à Saint-Malo en juin 2024. Cet article redonne quelques éléments clés de ce contexte qui a servi de base pour animer deux sessions, organisées sous la forme d’un atelier ludique, en petits groupes, afin de permettre d’échanger, partager, débattre autour de l'importance de l'utilisation responsable du plastique en laboratoire d'histologie tout en encourageant la réflexion sur des solutions durables.
Les bonnes pratiques, outils et astuces pour la mise au point d’anticorps en immunohistochimie
(Synthèse table ronde, congrès AFH, Saint-Malo 2024)
Qui n’a pas déjà tenté de mettre au point un anticorps primaire en immunohistochimie sans succès ? Qui ne s’est pas déjà demandé s’il disposait des bons contrôles et de la bonne méthodologie pour valider la spécificité
d’un anticorps en immunohistochimie ? Quand on sait que 50 % des anticorps commerciaux ne reconnaissent pas leurs cibles, il est important d’avoir les bons réflexes.
Ces tables rondes étaient organisées dans le but d’échanger sur les pratiques courantes des laboratoires pour mettre au point des immunomarquages à l’aide d’anticorps (Ac). Il s’agissait de partager des outils et des astuces qui permettent de garantir la bonne spécificité et qualité d’un marquage immunohistochimique (IHC). Pour les marquages immunofluorescents (IF), seules les méthodes de réduction de l’auto-fluorescence ont été abordées en fin de table ronde.
Revue des méthodes actuelles d’obtention des anticorps monoclonaux pour un usage diagnostique
Les anticorps sont des outils indispensables pour l’étude, la caractérisation de molécules et la compréhension de mécanismes biologiques. La technologie des hybridomes, mise au point par Köhler et Milstein, a révolutionné les méthodes d’étude et d’analyse en permettant de disposer d’anticorps monoclonaux reproductibles et performants. Initialement utilisés pour le diagnostic, leur usage thérapeutique a rapidement été mis en place, favorisant l'innovation technologique dans leur obtention. Créés à la suite d’une immunisation de rongeurs, ils ont rapidement évolué pour générer des anticorps monoclonaux humains, souvent plus spécifiques. La technologie du phage display et la création d’anticorps recombinants ont permis d’étendre les possibilités de sources d’anticorps, aussi bien en termes d’espèces que de formats. Parallèlement, de nouvelles molécules chimiques telles que les quantum dots offrent de nouvelles possibilités pour l’imagerie. Enfin, les outils d’édition du génome permettent d’améliorer la fonctionnalité des anticorps monoclonaux déjà bien caractérisés tout en garantissant leurs spécificités, sans modifier les outils de production déjà en place.


